
Dans une correspondance officielle adressée à la Première Ministre et aux principaux ministres du gouvernement congolais, l’honorable Carly Nzanzu Kasivita, ancien gouverneur du Nord-Kivu et député national, dénonce une incohérence fiscale qui mine les efforts de relance économique dans les provinces de l’Est placées sous état de siège.
Au cœur de sa démarche : la reconduction du décret n°24/017 du 21 novembre 2024, qui prévoyait des allègements fiscaux, douaniers et parafiscaux pour les opérateurs économiques du Nord-Kivu et de l’Ituri. Ce décret, arrivé à expiration après douze mois, avait permis une baisse notable des prix sur certains produits essentiels, notamment les matériaux de construction. Mais selon l’élu, son impact a été largement neutralisé par des décisions fiscales prises au niveau provincial.
Des mesures nationales annulées par des pratiques locales« Au lieu d’accompagner l’effort national, certains gouvernements provinciaux sous état de siège ont alourdi la charge fiscale sur d’autres produits essentiels », déplore Carly Nzanzu dans sa lettre datée du 2 décembre 2025.
Il cite notamment l’augmentation du coût de taxation des citernes de carburant de 40 m³, passée de 1 000 à 3 000 dollars en province, alors que les agences douanières avaient plafonné ce montant à 1 200 dollars. En Ituri, une hausse similaire est observée, avec une taxe conventionnelle portée à 1 500 dollars.
Ces décisions locales, prises en contradiction avec l’esprit du décret national, ont selon lui créé un déséquilibre économique qui empêche les populations de ressentir les effets concrets des mesures d’allègement prises à Kinshasa.
Les produits pétroliers et agricoles en ligne de mire
Parmi les secteurs les plus touchés, l’honorable Kasivita pointe du doigt : Les produits pétroliers, dont la taxation influence directement le coût du transport et donc l’ensemble des prix sur les marchés ; Les produits agricoles, comme le cacao et le café, soumis à des prélèvements contraires à la loi agricole, alors qu’ils constituent la base de la survie économique des ménages de l’Est.
Ces taxes additionnelles, introduites ou maintenues par les autorités provinciales, viennent aggraver la précarité des opérateurs économiques et des familles déjà fragilisées par l’insécurité prolongée.
Il appelle le gouvernement central à veiller au suivi strict dudit décret, qui pourra permettre aux provinces sous état de siège de bénéficier réellement des mesures prévues en leur faveur.« Un soulagement fiscal effectif contribuerait non seulement à stabiliser les prix, mais aussi à renforcer la résilience économique des populations confrontées à l’insécurité depuis de nombreuses années », conclut-il.


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