
Mines et Finances devant la Commission Défense et SécuritéLa Commission permanente Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale a auditionné, ce jeudi 18 décembre 2025, deux membres du Gouvernement Judith Suminua Tuluka.
Il s’agit du ministre des Mines et du ministre des Finances, appelés à répondre à des questions spécifiques liées à leurs secteurs respectifs, soulevées par les députés nationaux lors de la plénière.Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a été le premier à comparaître.
Les échanges ont porté essentiellement sur la sécurisation des sites miniers à travers le pays, dans un contexte où l’exploitation illégale des minerais alimente l’insécurité, particulièrement dans l’Est de la République démocratique du Congo. Face aux préoccupations pertinentes des élus du peuple, le ministre a sollicité un délai de 48 heures afin de préparer des éléments de réponse plus complets.
La question sensible de la prime spéciale des militaires
La seconde audition de la journée a concerné le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde. Les députés ont voulu s’assurer de la régularité du paiement de la prime spéciale des militaires, engagés dans les zones de conflit, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les violences attribuées à l’armée rwandaise et à ses supplétifs de l’AFC/M23 continuent de faire des victimes civiles.
Selon le premier vice-président de la Commission Défense et Sécurité, l’honorable Carly Nzanzu Kasivita, le ministre des Finances a répondu à toutes les préoccupations soulevées par les élus. Les conclusions de cette audition, tenue à huis clos, seront transmises à la plénière, conformément au Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Une série d’auditions qui se poursuit, malgré les vacances parlementaires
Déterminés à exercer pleinement leur mission constitutionnelle, les députés membres de la Commission Défense et Sécurité ne comptent pas observer de répit pendant les vacances parlementaires. Une autre audition est annoncée pour ce samedi avec le Vice-Premier ministre et ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau.
Défense et Intérieur déjà auditionnés
Ces auditions de ce jeudi s’inscrivent dans la continuité de celles déjà menées les jours précédents. Le mercredi 17 décembre 2025, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemin Shabani, avait été auditionné à huis clos par la même Commission. Confronté à la complexité des préoccupations soulevées, il avait sollicité un délai pour revenir avec des réponses plus détaillées.
Cette séance faisait suite à l’audition du Vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, Guy Kabombo Mwadiamvita, intervenue le 13 décembre dernier, dans le cadre d’une évaluation globale de la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national.
Nzanzu Kasivita, à l’origine d’un plaidoyer parlementaire assumé
Si ces auditions successives ont vu le jour, c’est en grande partie grâce à la démarche courageuse et responsable de l’honorable Carly Nzanzu Kasivita, élu du territoire de Beni. Le 26 novembre 2025, lors d’une plénière, il avait introduit une motion d’information exigeant l’audition urgente des ministres en charge de la Défense et de l’Intérieur.
Depuis le perchoir, il avait dressé un tableau sombre de la situation sécuritaire, évoquant notamment : les massacres de civils par les terroristes ADF à Lubero ; les exactions de la milice Mobondo au nord-est de Kinshasa ; la montée inquiétante de la criminalité urbaine à Beni et Butembo.> « Il est impératif de comprendre les causes profondes de cette situation qui plonge notre population dans un deuil permanent », avait-il insisté.
Un député qui joue pleinement son rôle
En obtenant l’audition successive des ministres de la Défense, de l’Intérieur, des Mines et des Finances, l’honorable Carly Nzanzu Kasivita démontre que le contrôle parlementaire n’est pas un simple slogan, mais un outil essentiel de redevabilité et de protection des populations.
Dans un contexte où de nombreux élus restent silencieux face aux drames sécuritaires, il s’impose comme l’un des rares députés nationaux à jouer pleinement et efficacement son rôle constitutionnel.Son plaidoyer a payé. Et pour les populations meurtries de l’Est comme pour l’ensemble du pays, cette démarche ravive l’espoir d’une réponse sécuritaire à la hauteur des enjeux.
