
Une attaque de drones qui choque la ville
Dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs explosions ont été entendues dans certains quartiers résidentiels de Goma, notamment dans le quartier Himbi. Selon des sources humanitaires et des témoins cités par plusieurs médias internationaux, des drones armés auraient frappé une habitation, causant d’importants dégâts matériels.
Le bilan provisoire fait état d’au moins trois morts, dont Karine Buisset, une humanitaire française travaillant pour l’UNICEF, ainsi que deux autres civils dont l’identité n’a pas été officiellement confirmée. Des habitations voisines ont également été endommagées par les éclats de l’explosion.
Condamnation de la MONUSCO
Dans un communiqué publié le 11 mars, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a fermement condamné l’escalade de la violence. Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU en RDC, Bruno Lemarquis, a dénoncé l’usage d’armes susceptibles de mettre en danger les populations civiles.« Je condamne avec la plus grande fermeté l’usage d’armes et de drones d’attaque qui mettent en danger les populations civiles et le personnel des Nations Unies », a-t-il déclaré.
La MONUSCO appelle également à une enquête rapide, indépendante et crédible afin d’établir les responsabilités dans cet incident.
Réaction du président français Emmanuel Macron
La mort de l’humanitaire française a suscité une réaction immédiate à l’international. Le président français Emmanuel Macron a annoncé sur le réseau social X qu’« une humanitaire française de l’UNICEF a été tuée à Goma ». Le chef de l’État français a appelé au respect du droit international humanitaire et à la protection des personnels humanitaires engagés sur le terrain.« J’adresse le soutien et l’émotion de la Nation à sa famille et à ses proches », a-t-il écrit.
Une manifestation dans les rues de Goma
Au lendemain de l’attaque, plusieurs organisations locales ont appelé à une manifestation pour dénoncer les violences contre les civils. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la ville ce jeudi 12 mars, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire :« La ligne de front n’est pas dans la ville de Goma »« Justice pour madame Carine Buisset »« Only Peace »Les manifestants ont notamment pris la direction de la base de la MONUSCO, où ils ont annoncé vouloir déposer un mémorandum pour exiger davantage de protection pour les populations civiles.
Une situation sécuritaire toujours fragile
La ville de Goma se trouve actuellement dans une zone fortement affectée par le conflit armé qui oppose les forces gouvernementales congolaises au mouvement rebelle AFC/M23. Ces dernières années, les combats ont provoqué d’importants déplacements de populations et accentué l’instabilité dans plusieurs territoires du Nord-Kivu.
Dans ce contexte, les frappes de drones et les opérations militaires alimentent les tensions et suscitent de nombreuses inquiétudes quant à la sécurité des civils.
Des interrogations persistantes
Pour l’instant, l’attaque n’a pas été officiellement revendiquée, et les circonstances exactes de l’incident restent encore floues. Plusieurs observateurs estiment que seule une enquête indépendante permettra d’établir les responsabilités et de déterminer les causes réelles de cette frappe.
En attendant, la population de Goma reste sous le choc, alors que les appels à la protection des civils et au respect du droit international humanitaire se multiplient.
