
Kinshasa – Vers une nouvelle ère du financement agricole en RDC
Le Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, Son Excellence MUHINDO NZANGI Butondo, a officiellement lancé ce mardi 2 juin 2026, au Fleuve Congo Hôtel à Kinshasa, l’Atelier national sur l’inclusion financière et la promotion des investissements dans le secteur agricole. Cette rencontre stratégique, organisée par le Ministère de l’Agriculture avec l’appui de la Primature, constitue une étape majeure dans la recherche de solutions durables aux difficultés de financement qui freinent encore le développement de l’agriculture congolaise.
Réunissant des producteurs agricoles, des institutions bancaires, des coopératives, des établissements de microfinance, des compagnies d’assurance, des investisseurs privés, des partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs responsables publics, cet atelier ambitionne de jeter les bases d’un système financier plus inclusif, capable de répondre efficacement aux besoins spécifiques du secteur agricole national.
Une réflexion nationale sur le financement de l’agriculture
Avant l’ouverture officielle des travaux, plusieurs experts et panelistes ont alimenté les discussions autour d’une question essentielle : comment financer efficacement l’agriculture en République démocratique du Congo ?
Les échanges ont porté sur divers thèmes stratégiques, notamment les innovations agricoles, la digitalisation des services financiers, les expériences des producteurs des filières café-cacao ainsi que les enseignements tirés des projets de production vivrière à travers le pays. Ces différentes interventions ont permis de mettre en évidence les nombreux défis auxquels sont confrontés les agriculteurs congolais lorsqu’ils cherchent à accéder aux financements nécessaires à l’expansion de leurs activités.
La présence de la Banque Centrale du Congo, représentée par sa Directrice Générale Adjointe dépêchée par le Gouverneur de l’institution, ainsi que celle des conseillers de la Primature, a démontré l’importance accordée par les autorités nationales à la transformation du secteur agricole, considéré aujourd’hui comme un levier majeur de diversification économique.
MUHINDO NZANGI appelle à des mécanismes financiers innovants
Dans son discours d’ouverture, le Ministre d’État MUHINDO NZANGI Butondo a dressé un constat sans détour sur les limites actuelles du financement agricole en RDC. Bien que le secteur bénéficie théoriquement d’une part des crédits bancaires, les producteurs demeurent les grands oubliés du système.
Selon les données présentées lors de l’atelier, près de 19 % des crédits octroyés concernent le secteur agricole. Toutefois, une part importante de ces financements profite davantage aux activités connexes, aux opérateurs commerciaux ou aux exportateurs qu’aux producteurs directement engagés dans les champs.
Face à cette réalité, le patron de l’agriculture congolaise a plaidé pour l’élaboration de produits financiers conçus en fonction des réalités locales.
« Nous ne pouvons pas développer notre agriculture si nous ne disposons pas nous-mêmes de produits financiers adaptés à nos réalités », a déclaré le Ministre d’État devant les participants.
Pour lui, la réussite de la transformation agricole passe inévitablement par la mise en place de mécanismes de financement innovants capables d’accompagner les producteurs tout au long de la chaîne de valeur agricole.
Faire de l’agriculture le moteur de l’économie nationale
Cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui place la revanche du sol sur le sous-sol parmi les priorités stratégiques de son mandat.
À travers cette vision, les autorités congolaises entendent réduire progressivement la dépendance de l’économie nationale aux ressources minières en faisant de l’agriculture un secteur créateur de richesses, d’emplois et de sécurité alimentaire.
Le Ministre d’État MUHINDO NZANGI a ainsi rappelé que la RDC dispose d’immenses potentialités agricoles encore largement sous-exploitées. Avec plus de 80 millions d’hectares de terres arables et des conditions climatiques favorables, le pays possède tous les atouts nécessaires pour devenir une puissance agricole régionale et continentale.
Un Guichet Unique Agricole pour attirer les investisseurs
Parmi les annonces majeures faites au cours de l’atelier figure la création prochaine d’un Guichet Unique Agricole. Cette structure aura pour mission d’accompagner les investisseurs dans leurs démarches administratives, foncières et fiscales afin de réduire les obstacles bureaucratiques qui freinent souvent les initiatives dans le secteur agricole.
Cette réforme vise notamment à simplifier les procédures, améliorer l’environnement des affaires et renforcer l’attractivité du secteur pour les investisseurs nationaux et internationaux.
Inclusion financière : un défi encore à relever
Les débats ont également mis en lumière les faibles performances de l’inclusion financière en RDC, particulièrement dans les zones rurales où l’accès aux services bancaires demeure limité.
Plusieurs intervenants ont évoqué la nécessité de repenser les modèles de financement agricole et se sont interrogés sur l’opportunité de développer une véritable banque agricole capable d’offrir des produits adaptés aux réalités des producteurs congolais.
Des expériences réussies observées en Asie et en Amérique latine ont été présentées comme des sources d’inspiration. Les experts ont notamment souligné que la réussite de tels mécanismes repose sur une forte implication de l’État, une gouvernance rigoureuse et une collaboration étroite entre les secteurs public et privé.
« Nous n’avons pas nécessairement besoin d’aller chercher l’argent ailleurs. Le Congo est un géant endormi qui dispose d’énormes potentialités », ont affirmé plusieurs intervenants au cours des discussions.
Construire un système financier inclusif pour une agriculture moderne
À travers cet atelier national, le Ministère de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire confirme sa volonté de fédérer l’ensemble des acteurs autour d’une vision commune : bâtir un système financier inclusif, performant et durable au service des producteurs agricoles.
Les recommandations qui sortiront de ces assises devraient contribuer à améliorer l’accès aux financements, développer des mécanismes d’assurance agricole adaptés, promouvoir les investissements structurants et accélérer la modernisation du secteur.
Au-delà des débats, l’ambition affichée est claire : permettre à l’agriculture congolaise de devenir un véritable moteur de croissance économique, de création d’emplois et de sécurité alimentaire pour les générations futures.
