
Chaque pluie devient une menace. À Butembo, dans le Nord-Kivu, la rivière Kimemi, pourtant modeste en apparence, se transforme en torrent destructeur dès que les nuages s’assombrissent. Son bassin versant, alimenté par les quartiers de la ville: Vichai, Katwa, Kalemire, Kyaghala, Kimbulu, Rughenda, Vighole, Malende, Mathembe,…déborde régulièrement, causant des pertes humaines et des dégâts matériels considérables.
Face à cette urgence hydrologique, l’ingénieur en travaux publics Trésor Kamate propose une solution radicale mais salutaire : instaurer une zone verte de 100 mètres de part et d’autre de la rivière Kimemi, afin de freiner l’urbanisation anarchique et restaurer l’équilibre écologique du cours d’eau.> « On n’impose pas la nature, on coopère avec elle », martèle Kamate, qui plaide pour une approche préventive et durable.
Urbanisation incontrôlée : un danger permanent
Selon Kamate, les eaux de pluie qui ruissellent depuis les hauteurs du sud de Butembo convergent vers le centre-ville, amplifiant le débit de la Kimemi et de la Mususa. Si ces deux rivières venaient à se rencontrer au cœur de la ville, les conséquences seraient catastrophiques.
Il dénonce l’inaction des services étatiques, qui laissent les constructions s’ériger à quelques mètres du lit de la rivière, exposant les populations à des risques permanents. Il appelle à une politique claire et ferme : interdiction de bâtir dans la zone verte, sensibilisation des riverains à la collecte et au stockage des eaux pluviales, et plantation de pelouses pour favoriser l’infiltration. Sables extraits, lois ignorées : une rivière en colèreAutre fléau : l’extraction incontrôlée de sable dans les rivières.
Chaque jour, des dizaines de personnes s’alignent dans le lit de la Kimemi pour y puiser du sable, sous le regard passif de certaines autorités politico-administratives. Pour Kamate, c’est une honte institutionnelle et une violation flagrante des lois environnementales.> « Si rien n’est fait, la rivière Kimemi se vengera. Et nous resterons des victimes éternelles », prévient-il.
Un appel à la clairvoyance politiqueL’ingénieur exhorte les autorités locales à faire preuve de vision et de courage. Il insiste : la rivière Kimemi deviendra ingérable dans quelques années si aucune mesure n’est prise. Son plaidoyer pour une zone verte de 100 mètres n’est pas une utopie, mais une nécessité vitale.
