
Réunis vendredi 28 novembre 2025 à CANTINE autour du chef des villages Baswagha Lubena, les opérateurs économiques espéraient une rencontre urgente entre l’autorité locale et les différents services de contrôle. Ils dénoncent depuis plusieurs semaines la multiplication des contrôles, souvent accompagnés d’amendes jugées « infondées », compromettant la survie de nombreux commerçants, du petit détaillant aux grandes maisons de vente.
Alors que le chef de l’entité avait recommandé la poursuite normale des activités jusqu’à une réunion prévue le lundi 1er décembre, plusieurs services de contrôle ont ignoré cette directive et mené des opérations ce samedi. Un comportement que les opérateurs considèrent comme une violation du décret n°24/09 du 17 février 2024 sur la discipline administrative. Les commerçants s’interrogent également sur la non-application du décret n°25/04 du 13 février 2025, qui prévoit des allègements fiscaux, douaniers et parafiscaux dans les provinces sous état de siège. Ces mesures comprennent notamment la suspension de la TVA sur les produits de première nécessité, un point crucial pour les opérateurs économiques de la région.
Face à ce qu’ils qualifient de « tracasseries organisées », les opérateurs ont annoncé une grève illimitée à partir de ce dimanche 30 novembre. Celle-ci pourrait entraîner la fermeture de pharmacies, de dépôts et de magasins d’alimentation, jusqu’à l’obtention de garanties fiables.
Ils exigent en outre la fermeture du bureau local de la Police des crimes économiques, de la Police judiciaire près le parquet de grande instance, de l’OBLC et d’autres services qu’ils accusent de multiplier les abus. Une lettre contenant l’ensemble de leurs revendications sera adressée aux autorités compétentes.
Malgré leur colère, les opérateurs assurent être disposés à payer régulièrement taxes et impôts. Ils dénoncent néanmoins des pratiques arbitraires :« Nous voulons la paix, pas la tracasserie qui nous tue doublement », déclarent-ils, appelant à un environnement commercial stable et respectueux.La société civile de Baswagha Lubena rappelle que plusieurs de ces services de contrôle n’existaient pas à CANTINE avant la chute de Goma et accuse certains agents de débarquer sans notification officielle, ce qui favorise les dérives.
Elle exige que tout contrôle soit strictement conditionné à la présentation d’une notification, d’une carte de service et d’un ordre de mission valide. Elle appelle les autorités provinciales et nationales à « intervenir de toute urgence » pour rétablir l’ordre et mettre fin à un climat jugé explosif :« La population n’en peut plus. Même l’autorité locale est ignorée. Cette situation ne peut plus durer », conclut-elle.
