
À CANTINE, ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, la journée a été marquée par un calme inhabituel. Toutes les activités commerciales sont restées suspendues. Les artères habituellement animées du centre ont présenté un visage totalement fermé : boutiques, pharmacies, alimentations, points d’achat de cacao, cabines de recharge téléphonique et salons de coiffure n’ont pas ouvert leurs portes.
Une rare unanimité qui traduit la tension qui s’est installée entre les opérateurs économiques et certains services de sécurité présents dans la zone.Depuis plusieurs semaines déjà, des voix s’élevaient pour dénoncer des tracasseries, des arrestations jugées arbitraires, ainsi que des exigences financières qualifiées d’abusives. Pour les commerçants, la situation a atteint un point de non-retour. Ils accusent trois structures d’être à l’origine de cette pression :la Police de crime économique,la Police judiciaire près le parquet de grande instance,et l’OBLC, un service de lutte contre la contrebande et les litiges commerciaux.
Selon plusieurs opérateurs interrogés, la présence simultanée de ces services engendre des contrôles répétés, souvent non coordonnés, qui paralysent leurs activités et créent un climat de peur. Certains affirment même que les interventions de ces unités perturbent la chaîne d’achat du cacao, pourtant principale source de revenus pour les familles locales.« Nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions. Chaque jour, c’est une nouvelle exigence, une nouvelle intimidation. C’est devenu insupportable », confie un commerçant qui a préféré garder l’anonymat par crainte de représailles.Face à cette accumulation de frustrations, les opérateurs économiques ont décidé de passer à l’action en fermant toutes les portes.
Ils conditionnent clairement la reprise des activités au retrait immédiat de ces trois services de CANTINE. Leur détermination est sans équivoque :« Nous resterons fermés jusqu’à leur départ complet. Même si cela doit durer des jours. »Cette fermeture générale n’est pas sans conséquence. Au-delà de la perte économique immédiate, elle a également perturbé l’approvisionnement local, notamment en produits alimentaires, médicaments et services essentiels. Les habitants ont dû se débrouiller comme ils pouvaient, certains parcourant de longues distances pour trouver ce dont ils avaient besoin.
Pour l’instant, aucune réaction officielle des autorités administratives ou sécuritaires n’a encore été enregistrée. Mais les observateurs estiment que la situation pourrait rapidement prendre de l’ampleur si rien n’est fait pour rétablir la confiance entre les commerçants et les services concernés.CANTINE, déjà fragilisée par les défis économiques et sécuritaires de la région, vit une nouvelle épreuve. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si un dialogue s’ouvrira ou si la paralysie commerciale se poursuivra.
