
Dans une analyse à forte portée historique et morale, Kasereka Muhongya Wakavwaro estime que certaines tragédies nationales doivent servir d’enseignements collectifs plutôt que de simples sujets d’émotion. Selon lui, « les conséquences corrigent parfois mieux que les conseils », rappelant que l’histoire congolaise est jalonnée de choix politiques lourds de sens et de conséquences.
Évoquant le cas de feu Magloire Paluku Kavunga, ancien journaliste congolais, l’analyste s’interroge sur la profondeur de réflexion qui a précédé son adhésion au mouvement AFC/M23. Il rappelle que ce dernier avait, par le passé, connu une période de fuite et d’insécurité, après avoir été ciblé en raison de prises de position médiatiques jugées hostiles par certains acteurs régionaux.
Pour Kasereka Muhongya, cette trajectoire soulève une question essentielle : peut-on réellement effacer des différends profonds par un simple changement de camp ? Selon lui, certaines forces régionales poursuivent des agendas stratégiques de long terme, où les alliances circonstancielles ne garantissent ni protection durable ni loyauté réciproque.
S’appuyant sur des exemples historiques marquants, il rappelle le sort réservé à plusieurs figures ayant participé à des mouvements rebelles dans les années 1990.
Le cas de André Ngandu Kissasse qui était l’un des fondateurs de l’Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), président du CNRD qui est un parti principal du mouvement armée ayant renversé le Maréchal Mobutu le 17 mai 1997 ., assassiné le 6 janvier 1997 avant même l’entrée de l’AFDL à Kinshasa, ou encore ceux d’Anselme Masasu Nindaga et d’autres cadres du RCD, illustreraient, selon lui, la fragilité de certaines alliances armées.
Kasereka Muhongya souligne également que, dans ces dynamiques, même les cadres issus du même camp ne sont pas toujours épargnés lorsque des intérêts stratégiques divergent ou lorsqu’un individu est perçu comme un obstacle.
Pour lui, l’histoire congolaise démontre que les luttes armées internes se retournent souvent contre ceux qui y participent.Un appel à la vigilance collectiveLe message central de cette analyse est un appel clair à la prudence.
Kasereka Muhongya Wakavwaro exhorte les Congolais à examiner avec lucidité les motivations réelles et les objectifs cachés derrière certains mouvements armés. Il insiste sur le fait que nul n’est totalement à l’abri, y compris les leaders congolais engagés aux côtés de ces groupes.
Avant tout ralliement, conclut-il, une réflexion approfondie sur les leçons de l’histoire nationale s’impose, afin d’éviter que les erreurs du passé ne se répètent au détriment de la paix, de la souveraineté et de la cohésion nationale.

