
Dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant au Nord-Kivu, le vice-gouverneur de province, le commissaire divisionnaire Louis Segond Karawa, a procédé ce vendredi 15 mai 2026 à Butembo au lancement d’un atelier de rapprochement entre les autorités, la société civile, les leaders communautaires, les jeunes, les femmes et leurs partenaires. Cette initiative axée sur la protection des civils, la cohésion sociale et la cohabitation pacifique intervient alors que les relations entre la population de Butembo et la MONUSCO restent marquées par les tensions du passé. Présente à ces assises, la mission onusienne a plaidé pour une nouvelle ère de collaboration avec les habitants.Louis Segond Karawa prône l’unité face à la crise sécuritaireLe vice-gouverneur du Nord-Kivu, Louis Segond Karawa, a officiellement ouvert ce vendredi à Butembo un important atelier réunissant plusieurs composantes de la société autour des questions de paix, de sécurité et de cohésion sociale. Le numéro deux de la province était accompagné de plusieurs autorités provinciales, parmi lesquelles le commissaire provincial adjoint de la Police administrative au Nord-Kivu, le commissaire supérieur principal Harly. Cette rencontre rassemble notamment : la société civileles autorités localesles leaders communautairesles représentants des jeunesles organisations fémininesainsi que plusieurs partenaires institutionnelsL’objectif principal de ces assises est de renforcer la protection des civils, promouvoir la cohabitation pacifique et favoriser un dialogue permanent entre les différentes couches sociales dans une province confrontée depuis plusieurs années à l’insécurité.“Le Nord-Kivu a besoin d’unité et de responsabilité collective”Dans son allocution d’ouverture, Louis Segond Karawa a insisté sur l’importance de maintenir l’unité et le dialogue dans un contexte marqué par les violences armées et les tensions sociales. Le vice-gouverneur a rappelé que la situation sécuritaire actuelle impose à toutes les composantes de la société un devoir de responsabilité collective afin de préserver la paix et d’éviter les divisions. Selon lui, la cohésion sociale constitue aujourd’hui un levier essentiel pour accompagner les efforts de stabilisation et de protection des populations civiles dans le Grand Nord. La MONUSCO tente de renouer avec la population de Butembo
L’un des moments marquants de cet atelier reste la participation de la MONUSCO, partenaire de l’État congolais dans la protection des civils. Présent à ces travaux, le chef de bureau de la MONUSCO à Beni, Abdourahaman Ganda, a plaidé pour le renouvellement des relations entre la mission onusienne et la population de Butembo. Dans son intervention, il a invité les habitants à tourner la page des tensions passées afin de reconstruire une nouvelle dynamique de collaboration.« Regardez la MONUSCO comme un instrument que la communauté internationale a mis à votre disposition », a-t-il déclaré devant les participants.
Le souvenir des manifestations anti-MONUSCO toujours présent
Cette initiative intervient dans un contexte particulier marqué par les souvenirs encore vifs des manifestations anti-MONUSCO survenues à Butembo en 2021. À l’époque, plusieurs habitants avaient exigé le départ de la mission onusienne, l’accusant de passivité face aux massacres des civils et de complicité présumée avec certaines forces négatives actives dans l’Est de la RDC. Ces manifestations avaient profondément fragilisé les relations entre la population locale et la mission des Nations unies. Aujourd’hui, les autorités provinciales ainsi que certains partenaires internationaux semblent vouloir ouvrir une nouvelle phase basée sur le dialogue, la concertation et la reconstruction de la confiance.
Protection des civils et cohésion sociale au centre des échanges
Durant cet atelier qui devrait se poursuivre pendant plusieurs séances, les participants vont échanger autour de plusieurs thématiques essentielles : la protection des civils, la prévention des conflits communautaires, la promotion de la paix, le leadership des jeunes et des femmes, la cohabitation pacifique et le renforcement du dialogue entre la population et les Institutions.
Pour plusieurs observateurs, cette démarche apparaît comme une tentative de rapprocher davantage les institutions sécuritaires, les partenaires internationaux et les communautés locales dans une région régulièrement secouée par les attaques des groupes armés.
Un nouveau pari pour restaurer la confiance
Dans une province où la question sécuritaire reste au cœur des préoccupations quotidiennes, cet atelier est perçu comme un nouveau test pour les autorités provinciales et leurs partenaires. Le défi majeur reste désormais de transformer ces échanges en actions concrètes capables de restaurer durablement la confiance entre la population, les institutions de l’État et les partenaires internationaux. Alors que le Nord-Kivu continue de faire face aux violences des groupes armés, plusieurs acteurs présents à Butembo estiment que la paix durable ne pourra être obtenue sans dialogue, unité et implication collective de toutes les composantes de la société.
