
Le dossier du Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB) continue de susciter des interrogations en République démocratique du Congo. Au cœur de cette controverse : une correspondance adressée, en octobre 2025, au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, faisant état d’un prétendu détournement de 57 millions de dollars américains. Mais derrière cette dénonciation, plusieurs questions se posent, notamment sur l’identité de son auteur, sa qualité réelle et la période à laquelle les faits dénoncés se seraient produits. Dans une analyse consacrée à cette affaire, KITASAMBA, expert en monitoring, invite à revenir aux documents, à la chronologie des événements et aux responsabilités des différents acteurs avant de tirer des conclusions sur la gestion du projet.
Une correspondance au cœur de la controverse
Selon les éléments rapportés par l’expert, en octobre 2025, un certain Ilunga Ilunga Henock, se présentant comme coordonnateur des agripreneurs du PEJAB, aurait adressé une correspondance au Président de la République pour dénoncer un présumé détournement de 57 millions de dollars américains. Les faits évoqués dans cette lettre remonteraient à la période comprise entre 2023 et 2024. Cependant, un élément retient particulièrement l’attention dans cette affaire : selon KITASAMBA, la correspondance initiale ne mentionnerait pas le nom du ministre d’État Muhindo Nzangi Butondo. L’expert affirme également que l’auteur aurait utilisé l’en-tête du ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire et signé en qualité de « Coordonnateur », une présentation susceptible d’entretenir une confusion sur son identité et sa qualité officielle. Si ces éléments sont confirmés par l’examen du document original, ils soulèveraient une question fondamentale : la Présidence a-t-elle reçu une dénonciation émanant du responsable officiellement habilité à parler au nom du projet, ou une correspondance dont la présentation aurait pu prêter à confusion ? Cette interrogation mérite d’autant plus d’attention que, toujours selon les informations communiquées par l’expert, le coordonnateur officiel du projet aurait réagi pour dénoncer cette confusion. Le ministère aurait également adressé une correspondance afin de rétablir les faits. L’établissement de la chaîne documentaire, depuis la lettre initiale jusqu’aux éventuelles transmissions administratives, apparaît donc indispensable pour comprendre comment cette dénonciation a été traitée et dans quelles circonstances le nom du ministre d’État a été associé à ce dossier.
Muhindo Nzangi : que dit réellement la chronologie ?
La question des dates constitue l’un des principaux enjeux de cette affaire. D’après les éléments présentés par KITASAMBA, les faits dénoncés se seraient déroulés entre 2023 et 2024. Or, Muhindo Nzangi Butondo n’a pris ses fonctions au ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire qu’en août 2025. Cette chronologie soulève une interrogation légitime : sur quelle base précise peut-on imputer au ministre d’État la responsabilité de faits qui seraient antérieurs à son arrivée à la tête de ce portefeuille ministériel ? Il convient toutefois de distinguer la période présumée des faits de celle de leur découverte, de leur dénonciation et de leur éventuelle instruction. La date de prise de fonctions d’un responsable ne suffit pas, à elle seule, à exclure toute responsabilité dans un dossier en cours. Encore faut-il établir les actes qui lui sont effectivement reprochés, les décisions qu’il aurait prises et les éléments susceptibles de démontrer son implication personnelle. C’est précisément pour cette raison qu’une analyse rigoureuse du dossier ne peut faire l’économie d’une chronologie détaillée des faits et des actes de gestion.Si des activités ont été réalisées avant août 2025, comment ont-elles été financées ? Une autre question mérite d’être posée : comment expliquer les activités du PEJAB réalisées avant l’arrivée de Muhindo Nzangi au ministère, si l’on soutient que l’ensemble du financement du projet aurait été détourné ?L’existence d’activités antérieures ne permet pas, à elle seule, de conclure à la régularité de toutes les opérations financières. Elle impose néanmoins de retracer les ressources effectivement mobilisées, les dépenses engagées et les résultats obtenus au fil des années. Quels montants ont été décaissés avant août 2025 ? Quelles activités ont été exécutées ? Quels prestataires ont été payés ? Quels documents comptables permettent de justifier les dépenses ? Et quelle part des ressources aurait éventuellement été décaissée ou utilisée après la prise de fonctions du ministre d’État ? Autant de questions auxquelles les documents financiers, les rapports d’exécution et les audits éventuels devraient permettre de répondre. Pour KITASAMBA, expert en monitoring, l’enjeu consiste à examiner l’ensemble du cycle de gestion du PEJAB, sans isoler une période ni attribuer automatiquement à un seul responsable des opérations qui pourraient relever de plusieurs exercices et de différents gestionnaires. Quelle est la portée réelle de la note attribuée au Directeur de cabinet du Président ? Au-delà de la correspondance initiale, une autre interrogation porte sur la note attribuée au Directeur de cabinet du Président de la République et évoquée dans le débat autour du PEJAB. Que contenait exactement cette note ? Sur la base de quels documents a-t-elle été établie ? À qui était-elle destinée ? Et quelle était sa portée administrative ? Il importe également de déterminer ce que le Directeur de cabinet aurait réellement transmis au ministre d’État : une dénonciation à examiner, des éléments présentés comme des preuves, une demande d’explication ou une instruction particulière. Ces distinctions sont essentielles. La transmission d’une plainte ou d’une dénonciation ne signifie pas nécessairement que les faits dénoncés ont été établis. De même, une note administrative ne peut être interprétée correctement sans connaître son contenu exact, son contexte et les suites qui lui ont été réservées. En l’absence de vérification du document original et des éventuelles correspondances qui l’accompagnent, il serait prématuré d’affirmer que cette note établit une responsabilité ou constitue une preuve de détournement.
Le monitoring exige des preuves, pas des conclusions hâtives
Dans un dossier aussi sensible, la rigueur impose de distinguer les accusations des faits établis. Une dénonciation, même adressée à la plus haute autorité du pays, ne constitue pas à elle seule une preuve de détournement. Les montants évoqués doivent être rapprochés des décaissements réellement effectués, des dépenses justifiées et des éventuelles irrégularités constatées par les organes compétents. De la même manière, l’absence du nom de Muhindo Nzangi dans la correspondance initiale, si elle est confirmée par l’examen du document original, représente un élément important pour comprendre la genèse de l’affaire. Elle ne suffit cependant pas à trancher, à elle seule, toutes les questions de responsabilité liées à la gestion du projet. Une démarche sérieuse devrait notamment permettre de reconstituer la chronologie des engagements financiers, d’identifier les responsables successifs, de vérifier les documents administratifs et comptables et de déterminer les responsabilités individuelles sur la base d’éléments vérifiables. L’objectif ne devrait être ni de protéger systématiquement un responsable ni de le condamner sur la seule base d’accusations, mais de faire apparaître les faits dans toute leur complexité.
L’idée de « sacrifier » le ministre : une interrogation politique
La controverse prend également une dimension politique à la lumière des propos attribués à l’honorable Bolumbe Hermione, qui aurait évoqué l’idée de « sacrifier » le ministre d’État. Cette expression soulève une question de fond : le débat autour du PEJAB vise-t-il à établir les responsabilités réelles dans la gestion du projet, ou risque-t-il de se transformer en une confrontation politique dans laquelle un responsable serait tenu de répondre de faits qui restent à documenter ?La réponse ne peut venir d’une simple appréciation politique, qu’elle soit favorable ou défavorable à Muhindo Nzangi. Elle doit reposer sur les pièces du dossier, les périodes de gestion, les décisions prises et les responsabilités établies. Si des irrégularités ont été commises, leurs auteurs doivent pouvoir être identifiés. Si des accusations reposent sur une confusion concernant l’identité du signataire ou la période des faits, cette confusion doit également être clarifiée. Dans les deux cas, la transparence documentaire constitue la meilleure voie pour éviter les amalgames et permettre à l’opinion publique de se faire une idée éclairée.
Au-delà de la polémique, la nécessité d’établir les responsabilités
Le dossier PEJAB ne saurait être réduit à une opposition entre défenseurs et détracteurs du ministre d’État Muhindo Nzangi Butondo. Il engage des questions plus larges concernant la gestion des financements publics, la traçabilité des dépenses, la fiabilité des dénonciations et la responsabilité des différents acteurs impliqués dans un projet lancé plusieurs années avant la prise de fonctions du ministre. La priorité devrait donc être de répondre à des questions précises : quelle est l’origine exacte de la correspondance adressée à la Présidence ? Quelle était la qualité réelle de son signataire ? Que contient la note attribuée au Directeur de cabinet du Président ? Quels financements ont été décaissés et utilisés entre 2023 et 2024 ? Enfin, quels actes précis sont reprochés à chacun des responsables concernés ? Tant que ces interrogations ne sont pas éclaircies par des documents vérifiables, toute conclusion définitive risque de précéder l’établissement des faits. Dans le dossier PEJAB, la recherche de la vérité doit primer sur les procès d’intention. La chronologie, les preuves documentaires et la traçabilité financière demeurent les outils indispensables pour établir les responsabilités, sans confusion ni accusation hâtive.
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Ce dossier vraiment c’était orquestre par cette dame. Même si je ne suis pas encore dans la vague des agronomes du ministre de l’agriculture, mais cas même il est parmis les rares ministres qui font leurs boulot avec une honnêteté même si nous ne sommes pas parfait. Zangi un l’un de meilleurs.
Vraiment