
Dans les villages de Bapakomabe Pendekali, sur l’axe Mununze–Kalibo, incluant la localité de Mangongweto, la situation devient de plus en plus alarmante pour les agriculteurs. En plus de l’insécurité chronique, marquée par la présence de groupes armés, une criminalité rurale s’installe et compromet sérieusement les moyens de subsistance des populations locales.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des individus non identifiés profitent de l’absence des propriétaires pour piller systématiquement les champs. Mais au-delà des vols de récoltes, les actes posés prennent une tournure plus grave encore. Des plantations de cacaoyers et de bananiers sont volontairement saccagées, tandis que des cabanes servant d’abris aux paysans sont incendiées.
D’après une source locale, ces malfaiteurs opèrent en groupe depuis la période des festivités de fin d’année et poursuivent leurs actions jusqu’à ce jour. Une situation qui accentue la précarité économique des familles paysannes, déjà éprouvées par les conflits armés récurrents dans cette partie du territoire de Beni.« Ces actes de sabotage anéantissent des mois, voire des années de dur labeur », confie un notable de la zone.
Pour de nombreux agriculteurs, ces violences constituent une menace directe contre la sécurité alimentaire et risquent d’aggraver la pauvreté dans la région.Face à cette situation préoccupante, les habitants lancent un appel pressant aux services de sécurité afin que des enquêtes sérieuses soient menées pour identifier et neutraliser les auteurs de ces crimes. Ils redoutent que l’inaction n’encourage l’expansion de ces réseaux de bandits.
Joint par téléphone ce lundi, l’un des agriculteurs victimes se montre à la fois inquiet et déterminé :« La population doit résister face à cette menace qui vise à nous affamer. »Une déclaration qui traduit un mélange de colère, de ras-le-bol, mais aussi de résilience, caractéristique des populations rurales du territoire de Beni, habituées à faire face à l’adversité.
