
Le centre de négoce de Ndindi a connu un climat de vive tension ce mercredi, paralysant momentanément les activités commerciales.
Des vendeurs, majoritairement des petits commerçants, ont manifesté leur colère en brûlant des pneus sur la chaussée et en observant un mouvement de grève pour protester contre la décision des autorités urbaines visant la modernisation de ce marché très fréquenté.

Selon des sources concordantes sur place, cette action de protestation est motivée par la crainte des commerçants de perdre leurs étals au profit de personnes financièrement plus nanties, une fois le marché reconstruit. Les manifestants estiment n’avoir jamais été consultés avant l’annonce du projet, pourtant appelé à transformer un espace vital pour des centaines de familles vivant du petit commerce.

Contactée par notre rédaction, une vendeuse rencontrée sur le site a confié, sous anonymat, que la grogne est à son paroxysme. Elle affirme que certains commerçants qui tentent de s’opposer ouvertement au projet seraient victimes d’intimidations de la part des autorités locales.« On veut nous imposer un marché moderne sans tenir compte de nos moyens. On parle déjà des loyers qui varieraient entre 200 et 400 dollars américains par emplacement. C’est largement au-dessus de nos capitaux », a-t-elle dénoncé, visiblement révoltée.

La même source redoute que les places ne soient finalement attribuées qu’aux commerçants les plus riches, reléguant les vendeurs actuels au chômage. « Notre grande crainte, c’est de voir nos places données à d’autres personnes plus fortunées. Ce marché est notre seule source de revenus », a-t-elle ajouté.
La tension est montée d’un cran lorsque, selon des témoins, une autre femme qui tentait de hausser la voix a été interpellée par les services de l’ordre, renforçant le sentiment de peur et de frustration au sein des manifestants.
Jusqu’à la rédaction de cet article, aucune communication officielle des autorités urbaines n’avait été rendue publique pour calmer la situation ou expliquer les modalités sociales de ce projet de modernisation.

Les vendeurs de Ndindi appellent à un dialogue inclusif, afin que toute réforme prenne en compte leur réalité économique et garantisse la préservation de leurs moyens de subsistance.
