
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre d’État a réaffirmé l’engagement du gouvernement congolais à promouvoir une agriculture durable capable de répondre simultanément aux défis environnementaux et aux besoins économiques des populations rurales.
Selon lui, la dégradation progressive des forêts congolaises est en grande partie liée aux pratiques agricoles extensives, souvent pratiquées faute d’alternatives économiques viables pour les communautés locales.« Aucun discours ne saurait freiner durablement la destruction des forêts si les populations ne disposent pas d’alternatives économiques viables », a-t-il déclaré devant les participants.
Face à ce défi, le gouvernement mise sur une stratégie agricole reposant notamment sur l’intensification des cultures pérennes telles que le café, le cacao et le palmier à huile. L’objectif est de permettre aux agriculteurs d’augmenter leurs rendements sur des terres déjà exploitées, réduisant ainsi la pression exercée sur les forêts naturelles.
Dans cette dynamique, plusieurs actions concrètes sont prévues, notamment la mise en place de pépinières communautaires dans les territoires, l’amélioration de l’accès aux semences certifiées, ainsi que la démocratisation de l’utilisation des fertilisants afin d’améliorer la productivité agricole.
Pour l’exercice en cours, le programme prévoit l’installation de grandes pépinières communautaires capables de produire 200 000 plants de café et de cacao ainsi que 50 000 plants de palmier à huile par territoire. Cette initiative vise à encourager les communautés à se réapproprier les cultures pérennes tout en limitant l’expansion agricole vers les zones forestières encore intactes.
Le ministre d’État a également salué la pertinence du modèle de développement promu par le PSFD, qui intègre des agrégateurs agricoles chargés d’accompagner les producteurs, de garantir l’écoulement des récoltes et d’assurer une première transformation locale des produits.
Cependant, Muhindo Nzangi Butondo a estimé que l’appui financier actuel de 8 millions de dollars américains reste insuffisant au regard de l’ampleur des défis environnementaux et économiques auxquels la République démocratique du Congo doit faire face. Il a ainsi plaidé pour un renforcement significatif des financements lors de la prochaine phase du programme, rappelant que sans modernisation ni intensification agricole, l’agriculture restera le principal facteur de déforestation dans le pays.
Clôturant son allocution, le ministre d’État a déclaré ouverts les travaux de la sixième réunion du Comité de Pilotage du PSFD, tout en invitant les participants à examiner avec rigueur les différents dossiers soumis afin de garantir une mise en œuvre efficace des activités programmées.
