
Kinshasa — Le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire a apporté des précisions à la suite de la polémique née autour de la promotion du cannabis médical au Nord-Kivu. Dans une correspondance adressée au député national Nzanzu Carly Nzanzu Kasivita, le cabinet du ministre d’État Muhindo Nzangi Butondo rappelle que le cannabis médical figurait dans une réflexion visant à explorer de nouvelles spéculations agricoles à forte rentabilité, et non comme une priorité immédiate du ministère.
La mise au point intervient en réponse à une lettre du député national, qui avait notamment exprimé des préoccupations liées aux conséquences potentielles, sur le plan de la sécurité publique, d’une campagne faisant la promotion du cannabis médical au Nord-Kivu.Dans sa correspondance datée du 20 août 2026, le cabinet du ministre d’État accuse réception de la lettre du député et revient sur les circonstances ayant entouré cette question.
Une réflexion parmi plusieurs pistes agricolesLe ministère explique que, lors de sa mission officielle effectuée au Nord-Kivu du 2 au 7 août 2026, le ministre d’État Muhindo Nzangi avait notamment poursuivi plusieurs activités liées au développement agricole dans les territoires de Beni et Lubero ainsi que dans la ville de Butembo.
C’est au cours de cette mission, précise la correspondance, qu’il a chargé l’Office national des produits agricoles de réfléchir à l’élargissement de la gamme des spéculations agricoles susceptibles d’être développées dans le pays, en citant notamment des cultures à forte rentabilité économique telles que le thé et, dans le domaine spécifique de la recherche et de la production encadrée, le cannabis médical.
Autrement dit, le ministère présente le cannabis médical comme une piste de réflexion à approfondir, au même titre que d’autres spéculations agricoles, et non comme un programme prioritaire déjà engagé à grande échelle.
Un secteur soumis à un encadrement légalFace aux inquiétudes exprimées autour de cette question, le cabinet du ministre rappelle par ailleurs que la République démocratique du Congo dispose d’un dispositif légal et réglementaire encadrant la culture des stupéfiants et des substances psychotropes à des fins médicales et scientifiques.
La correspondance cite notamment des textes réglementaires fixant les conditions d’exploitation des stupéfiants et substances psychotropes à des fins médicales et scientifiques. Le ministère insiste ainsi sur le fait que toute éventuelle exploitation dans ce domaine reste soumise à un régime d’autorisation.
Le cabinet souligne également que la question du cannabis médical mérite d’être abordée sous l’angle de la recherche scientifique, du développement de l’industrie pharmaceutique et de la création de nouvelles perspectives économiques, dans le respect de la législation nationale et internationale.
Les priorités restent le café, le cacao, le palmier à huile et les cultures vivrièresSurtout, le ministère tient à rappeler quelles sont ses priorités actuelles.Selon cette correspondance, la priorité du ministère de l’Agriculture reste aujourd’hui la promotion des cultures pérennes, notamment le café, le cacao, le palmier à huile et la macadamia, ainsi que des cultures vivrières destinées à renforcer la production alimentaire nationale.Le ministère cite notamment le manioc, le haricot, le maïs, le riz et la pomme de terre, sans oublier les cultures maraîchères.
Cette précision permet donc de replacer la question du cannabis médical dans son véritable contexte : il s’agit d’une piste parmi d’autres dans une réflexion sur la diversification agricole, alors que l’action prioritaire du ministère demeure orientée vers la production alimentaire et le développement des filières agricoles traditionnelles et porteuses.
La correspondance, signée par le directeur de cabinet du ministre d’État, Prof. Richard Muhendevu Mukokobya, constitue ainsi une réponse officielle aux préoccupations soulevées par le député national et vise à clarifier la portée de la réflexion menée autour du cannabis médical au Nord-Kivu.
En définitive, le ministère ne présente pas le cannabis médical comme sa nouvelle priorité agricole. Il s’agit plutôt d’une possibilité à examiner dans un cadre légal et scientifique, tandis que l’accent reste mis sur la souveraineté alimentaire, les cultures vivrières et le développement des grandes filières agricoles du pays.


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