
La tension reste vive à Eringeti, une agglomération située à une cinquantaine de kilomètres au nord de la ville de Beni. Depuis la soirée du vendredi, des jeunes sont descendus spontanément dans la rue pour exprimer leur colère après l’assassinat par balle d’un opérateur économique local, travaillant dans le mobile money.
Selon des sources locales, la victime, boutiquier de son état, a été abattue vers 21 heures par un homme vêtu d’un uniforme militaire, dont l’identité demeure inconnue. Un énième crime qui vient allonger la longue liste des civils froidement exécutés dans cette partie du Nord-Kivu, déjà meurtrie par des massacres à répétition.
Ce samedi matin, la contestation a pris une tournure symbolique et poignante. Un groupe de jeunes a décidé de transporter le corps du défunt à pied, depuis Eringeti jusqu’à Mayi-Moya, soit une distance d’une dizaine de kilomètres, avant son acheminement vers la morgue d’Oicha.
« Ils marchent avec le corps pour dénoncer l’insécurité persistante et l’inaction face aux assassinats des civils », a confié un acteur de la société civile locale.
À travers cette action, les manifestants entendent attirer l’attention des autorités sur la dégradation continue de la situation sécuritaire, marquée par des tueries nocturnes, des attaques armées et la présence d’hommes armés non identifiés qui s’en prennent à des citoyens sans défense.
Dans la région de Beni, la peur est devenue permanente. Malgré les opérations militaires annoncées, les populations civiles continuent de payer le lourd tribut d’une insécurité qui semble désormais hors de contrôle.
