
Détenu depuis le 2 septembre 2025, l’ancien ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, a rompu le silence à travers une longue lettre manuscrite de treize pages, adressée aux Congolais et aux Africains. Écrite depuis sa cellule, cette correspondance, rendue publique cette semaine, se veut à la fois un cri d’indignation, une défense politique et un appel à la jeunesse panafricaine.
Un ton de défi face à la détention

Dans ce courrier, Constant Mutamba affirme être victime d’un « complot politique » soigneusement monté par certains réseaux politico-judiciaires en RDC, avec, selon lui, des complicités extérieures. Il dénonce une « justice instrumentalisée », devenue, dit-il, « un outil d’élimination politique au service d’intérêts occultes ».
Condamné à trois ans de travaux forcés et à cinq ans d’interdiction d’exercer toute fonction publique pour détournement de deniers publics, l’ancien ministre assure que son procès n’a été qu’« une mascarade ».> « Je n’ai jamais détourné un seul franc de l’État. Ma faute, c’est d’avoir voulu réformer le système et redonner sa dignité à la justice congolaise », écrit-il dans sa lettre.
Des conditions de détention jugées inhumaines

Le leader du regroupement politique Nouvelle Énergie du Congo (NÉC) évoque par ailleurs ses conditions de détention difficiles : absence de lumière du jour, isolement, accès limité à l’air libre et aux soins médicaux. Il décrit une existence « confinée, mais spirituellement libre », où il dit puiser la force de « continuer à croire à un Congo juste et souverain ».
Un message à la jeunesse et aux panafricanistes

L’ancien ministre, qui fut aussi l’un des visages d’une génération politique montante, s’adresse directement à la jeunesse congolaise et africaine. Il exhorte les nouvelles générations à reprendre le flambeau du combat des pères fondateurs du panafricanisme tels que Patrice Lumumba, Thomas Sankara ou encore Nelson Mandela. « L’Afrique n’a pas besoin de pleureurs, mais de bâtisseurs. Notre combat pour la dignité doit transcender les prisons et les persécutions », écrit-il, dans un passage largement relayé sur les réseaux sociaux.
Une lettre à portée politique

Sans attaquer directement le président Félix Tshisekedi, Constant Mutamba cible plutôt certains proches du pouvoir, qu’il accuse de « trahir la vision du Chef de l’État ». Il se présente comme un patriote injustement puni pour avoir voulu défendre les intérêts de la nation. Son message, au-delà de la dénonciation, se veut une invitation au débat sur l’indépendance de la justice et la moralisation de la vie publique en RDC.
Entre symbole et stratégie

Pour plusieurs observateurs, cette lettre constitue à la fois un acte de résistance et une stratégie de repositionnement politique. En mêlant discours panafricaniste, critique du système et appel à la jeunesse, Constant Mutamba semble vouloir transformer sa détention en tribune.













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