
Face aux tensions sociales qui secouent l’ONAPAC, le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, S.E. Muhindo Nzangi Butondo, est monté au front. Réunissant syndicats et comité de gestion autour d’une même table, le patron de l’agriculture congolaise a engagé une médiation stratégique pour tenter de débloquer la crise liée au non-paiement des salaires et aux difficultés financières que traverse cet établissement public clé pour la filière café-cacao. Entre dialogue social, réforme structurelle et ambition de relance agricole, le gouvernement veut éviter l’enlisement.

Muhindo Nzangi en première ligne pour restaurer le dialogue
Dans un contexte social tendu au sein de l’ONAPAC, le ministre d’État Muhindo Nzangi Butondo, en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, a présidé ce jeudi 14 mai 2026, à Kinshasa, une importante réunion de concertation entre les représentants syndicaux et le comité de gestion de l’établissement. Cette rencontre, jugée cruciale par plusieurs observateurs du secteur agricole, intervient alors que les agents de l’Office dénoncent plusieurs mois d’arriérés de salaires, dans un climat social devenu particulièrement préoccupant. Les représentants syndicaux ont profité de cette tribune pour exprimer leur ras-le-bol face aux retards accumulés dans le paiement de leurs rémunérations. Tout en saluant l’implication directe du ministre d’État, ils ont insisté sur l’urgence d’apporter des réponses concrètes afin de restaurer la sérénité au sein de l’institution.

L’ONAPAC confronté à une pression financière croissante
Face aux préoccupations des agents, la Direction générale de l’ONAPAC a tenu à expliquer les causes profondes des difficultés actuelles. Selon Madame Mimy Monga, Directrice générale de l’Office, la crise financière trouve son origine dans la baisse significative des exportations de café et de cacao, conséquence directe des fluctuations défavorables du marché international. L’ONAPAC, dont le fonctionnement repose essentiellement sur une redevance de 1,4 % sur les exportations agricoles, voit ainsi ses recettes fortement diminuées, limitant sa capacité à honorer ses engagements sociaux et opérationnels.« Nous ne sommes pas des ennemis des agents, mais des partenaires appelés à travailler ensemble pour stabiliser l’institution », a déclaré la Directrice générale à l’issue de la réunion, appelant à une solidarité collective pour traverser cette période difficile.

Une vision ambitieuse pour relancer les cultures pérennes
Réagissant aux orientations présentées par le ministre d’État, la Direction générale de l’ONAPAC a réaffirmé sa volonté d’accompagner la relance des cultures pérennes au cours des trois prochaines années. L’objectif affiché est clair : repositionner l’Office comme un acteur central dans la valorisation des filières stratégiques du café et du cacao, deux produits historiquement majeurs pour l’économie agricole congolaise.
Muhindo Nzangi plaide pour une révolution agricole “agressive”
Dans son intervention, Muhindo Nzangi Butondo a dressé un diagnostic sans complaisance sur les performances actuelles du secteur, estimant qu’elles restent largement en deçà du potentiel agricole réel de la République démocratique du Congo.Le ministre d’État a insisté sur la nécessité d’une concentration stratégique des efforts dans plusieurs bassins à fort potentiel agricole, notamment : le Haut-Uelele , Bas-Uelele, Sud-Ubangi, le Kongo Central.
Selon lui, ces régions doivent devenir les piliers d’une nouvelle dynamique de production agricole capable de soutenir durablement la croissance nationale. Porteur de la vision présidentielle de la “revanche du sol sur le sous-sol”, impulsée par le président Félix Tshisekedi, Muhindo Nzangi a plaidé pour une véritable révolution agricole agressive, capable de transformer l’agriculture en moteur stratégique de développement.
Lutte contre les circuits informels et modernisation de l’Office
Le ministre a également tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur des circuits informels d’exportation, notamment le transit clandestin de café par des voies non contrôlées, qui prive l’État et les structures publiques de ressources importantes.Il a appelé à une meilleure structuration du secteur agricole, à un renforcement du contrôle des exportations ainsi qu’à une présence plus active de l’ONAPAC sur le terrain. Parmi les réformes envisagées figurent : la modernisation de l’Office, l’amélioration de la couverture nationale, le renforcement des capacités opérationnelles, la recherche de solutions durables pour la prise en charge des agents. Des discussions seraient déjà engagées avec le gouvernement central pour identifier des mécanismes capables d’assurer une stabilisation financière de l’établissement.
Maintenir le dialogue pour sauver un secteur stratégique
À l’issue de cette rencontre, les différentes parties ont convenu de maintenir un dialogue social permanent afin d’éviter toute aggravation de la crise. Syndicats, direction générale et ministère semblent désormais alignés sur une même priorité : stabiliser l’ONAPAC et relancer durablement la filière café-cacao, essentielle pour l’économie agricole nationale. Entre urgence sociale, réformes institutionnelles et enjeux économiques majeurs, l’avenir de l’Office apparaît désormais comme un test important pour la politique agricole portée par le ministre d’État Muhindo Nzangi.
Dans un pays qui ambitionne de faire de l’agriculture le socle de son développement, la transformation profonde de l’ONAPAC pourrait bien devenir un symbole de cette nouvelle ambition.
